Il faut six pieds pour faire un pas

Tout jeune, la lecture prenait une place importante dans mon quotidien familial. Que ce soient les journaux, les revues, les romans ou les bandes dessinées, toute la famille y trouvait son compte. Mais quand une collection est incomplète, on cherche les pièces manquantes, en visitant sa bibliothèque municipale. Heureusement, deux fois par semaine, un autobus spécialement amménagé venait s’installer dans la rue voisine pour servir les besoins de la jeune clientèle des écoles primaires. Comme l’espace intérieur disponible était inversément proportionnel au nombre de clients en attente de faire ses emprunts, c’est plus que par simple claustrophobie que je m’empressais de choisir les douze bandes dessinées qui allaient tester la résistance des coutures de mon sac d’école. Tintin, Gaston Lagaffe, Spirou, Mafalda, Achille Talon, Yoko Tsuno et Lucky Luke, mais surtout Astérix le Gaulois! Au détour de chaque page, les mots d’esprit et les citations latines m’ont rapidement forcé à découvrir les pages roses du dictionnaire Le Petit Larousse, expliquant les principales citations célèbres, latines ou autres, que les scénaristes d’Astérix avaient semé dans l’oeuvre.
Du Tu quoque, mi fili de César, au plus auguste Mon tailleur est riche, (phrase typée des manuels d’anglais, langue seconde), je découvre encore aujourd’hui de nouvelles facettes aux gags de la BD de mon enfance. Mais il y a encore quelques éléments qui me laissent songeur: dans Astérix chez le Bretons, en arrivant à Londinium (Londres), Jolitorax explique que les Romains mesurent les distances en pas, et les Bretons, en pieds. Sans doute pour illustrer les étranges équivalences du système de mesure impérial, on affime qu’il faut six pieds pour faire un pas. :)

