Je crois l’avoir écrit, je me sens bien nu sans ma montre. La première montre dont je me souviens était une Timex analogique, à remontoir, de couleur brune. Elle a duré aussi longtemps qu’il est possible pour un petit garçon actif de conserver intact une montre... ce qui veut dire, pas longtemps du tout. Mais je me souviens qu’elle venait de chez Sears. Ce fut la première... Il y en a eu tout plein d’autres, habituellement choisies dans la section bijouterie, de feu Distribution aux Consommateurs:
-montre Mickey Mouse, à bracelet plastique rouge et aiguilles en bras de Mickey aux gants blancs;
-quelques montres au quartz à affichage ACL;
-une montre ACL à affichage analogique, dont l’écran a coulé après des chocs répétés;
-une montre calculatrice cheap, mais oh! combien utilisée;
-ma première montre Casio Databank (pour rendez-vous et numéros de téléphones)
-une montre Victorinox, prime quelconque suivant un achat postal;
-une montre Bell, sensiblement la même chose;
-une Timex Ironman Databank (dont la synchronisation avec l’ordinateur se faisait au moyen d’impulsion visuelles en provenance de l’écran d’ordi... Oui, oui!)
-un cadran à porter à la taille, très bijou, cadeau de la belle-famille;

Et, plus récemment, un cadeau de ma douce: une Casio Edifice EFA-110, enfin l’équilibre entre la fonction, la beauté et la durée. Celle-là va m’accompagner un peu plus longtemps. :)
Longtemps, il n’y avait que mon père, ma soeur et mon frère qui avaient des radios-réveils. Celui de ma soeur est sans doute le plus ancien. L’affichage des chiffres se faisait électro-mécaniquement, avec les minutes et les heures qui défilaient en rotation, avec un clic bien spécifique. Le modèle Candle de mon frère avec ses chiffres rouges me fascinait pour des raisons que j’ignore encore aujourd’hui.
Je me souviens, cependant, en avoir rêvé (et non, je n’avais rien fumé de particulier dans ce temps-là): nous étions en hiver, je descendais sur la pente enneigée avec le père Noël, pour finalement sortir du bouton Snooze de l’appareil de mon frère avant de terminer ma course dans les escaliers de la maison de mon oncle... (J’ai des rêves weirds, je sais)

Alors, quand un enfant fait des rêves étranges et se réveille un samedi matin avant le début

des émissions, il est confronté à l’écran noir et blanc, les lignes d’intensité variable, la tonalité fatiguante, et l’horloge officielle du télé-diffuseur. (Bon, d’accord, pas toujours la même heure, entre Radio-Canada et Télé-Métropole, mais bon...) Toujours avec cette télé en noir et blanc, je jouais avec les contrastes et la luminosité pour faire disparaître les lignes verticales des chiffres de l’heure, pour ne laisser que les lignes horizontales. Ainsi, je me pratiquais à lire l’heure avec seulement cette information... ca aidait à passer le temps jusqu’à ce que j’entende l’hymne national, le programme de la journée, et qu’enfin, la première émission commence. J’étais patient, non? :)